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Exposition actuelle

Du 3 au 25 novembre 2018

Etienne Volery -
- peinture, sculpture (bois et pierre), gravure

Vernissage en présence de l’artiste, vendredi 2 novembre à 18h30

Etienne Volery était présent les dimanches 11 et 25 novembre

Voici un texte de Jean-Daniel inspiré par sa découverte de l’exposition au vernissage:

Entends-le rire et voler !

Il semble qu’Étienne Volery nous prête son iris, nous partage la prunelle de ses yeux, laisse dans ses œuvres la trace impalpable de son regard émerveillé. Car tout en lui est sourire ! Aucune pesanteur ! Tout à la grâce du monde et de l’empreinte sans poids qu’elle laisse au regard.

Dans les signes chinois qui s’ajoutent à sa signature, on peut lire – mais ce sont de petits dessins imprimés – le prénom de sa femme, tout à côté du sien. Car, dit-il, sans elle, pas de travail, pas de tableaux, pas d’élans. Tel est l’artiste: non pas un solitaire qui se mire dans son propre éclat, mais un amoureux palpitant et rieur.

Et pour faire en grand, il peint des hommages à Rothko, sans vergogne, parce qu’il l’aime, voilà tout… et vous sentez que Rothko est vraiment son ami, que ces grands espaces de couleurs modulées – rose carmin, brun mauve, bleu brun dirait-on ont surgi de très profond, là où l’amitié tisse patiemment sa fibre et qu’il a fallu peindre ces grandes toiles par amitié, par loyauté, par souci de vérité.

 

Il semble qu’Étienne Volery nous procure à neuf un iris joueur, un iris aimant, que nos yeux soient lavés par la calme jubilation de ses œuvres. Peintre, graveur, sculpteur, il aime les choses simples: cercles, sphères, réseau de nervures, coques, couques, écales, brins, fétus, paillages. Il les aime et il en joue. Et nous nous prenons au jeu. Avec lui, nous dessinons dans le sable, nous suivons en songeant la courbe d’une branche, voyons dans les nœuds d’une planche des yeux ou des soleils.

Et comme l’œil, repris un temps par l’esprit, cesse de fixer, d’agripper ce qu’il ausculte, comme l’œil se détend soudain, l’artiste nous suggère de laisser à nouveau ces formes reprendre souffle, retrouver une liberté, tracer à neuf le chemin de leurs beautés. Le pinceau, le burin, le ciseau ne sont plus tant les outils d’une maîtrise, d’une puissance créatrice accaparée, mais la main du guide qui nous emmène vers des sensations qui datent d’avant l’art adulte. Oui, tout juste comme Rothko ! Une voie d’éblouissement serein.

Mais l’œil précède la main. Et le cœur précède l’œil. En tout, le rire est la source première. Le voici apprenant l’estampe japonaise, le voici observant les Maoris polir leurs pierres, le voici étonné, joyeusement surpris, captant un jeu nouveau dont les règles s’appliquent devant lui. Le voici imitant allègrement les gestes vus, saisissant à son tour pierre, bois, carton fin, devinant la forme qui se dissimule en eux et qu’il s’agit de faire apparaître. Car ces objets, ces sculptures, ces menus astres d’arolle possèdent, au sortir de ses mains, une identité sans artifice, et pour nos regards une force d’évidence.

 

 

     

Parce que c’est le cœur qui bat la cadence, parce que ces sujets sont choisis avec amour, parce que l’artiste ne s’écarte pas du mouvement intime qui l’a élancé vers eux. Ainsi le travail formel – l’élaboration du volume, le jeu des lignes, l’accord des teintes – se situe à mi-chemin de la figuration. La planche éclôt en fleur ou en constellation, le carton se marque au passage du ciseau, la pierre devient feuille… mais les veines restent présentes, la fibre cajole le dessin, le minéral garde grain.

Et c’est ainsi, dans la complicité de la Création, que se tient l’ami Volery. Dans la connaissance et dans la reconnaissance. Dans la liberté d’une aventure spirituelle où il nous convie, la liberté d’un essor où il s’allège pour mieux nous entraîner, la liberté d’un rire qui nous gagne et ne nous quitte pas.

Exposition à la galerie Le Bunker à Sainte-Croix / JDR / 3 novembre 2018

 

  

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